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Aix-en-Provence : Nep Tech révolutionne le transport maritime de passagers

L'ACTUALITÉ
1 juin 2021

La Provence
Publié le 28 mai 2021
Par Laure Gareta

© La Provence - Corentin Bigot, Tanguy Goetz et Clément Rousset ont fondé la start-up l'été dernier. - PHOTOS DR

 

Leurs navettes à propulsion hydrogène ont été choisies pour équiper les JO 2024

Pour les jeux olympiques et paralympiques 2024 qui se dérouleront en France, des appels à projets innovants ont été lancés par l'État. Face au monde entier, c'est une vitrine idéale pour montrer le savoir-faire français. Et les start-up aixoises n'en manquent pas. Au Technopole de l'Arbois, mecque de l'innovation aux projets foisonnant de créativité pour un avenir plus vert, la société NepTech a répondu à l'appel du gouvernement. Le ministère des Transports l'a désignée comme lauréate dans la catégorie "Nouvelles mobilités et mobilités actives section 'fluvial'".

La valeur n'attendant pas le nombre des années, la start-up fondée l'an dernier a déjà gravi quelques échelons. Labellisée GreenTech Innovation par le ministère de la Transition écologique, lauréate du Energy for smartmobility, soutenue par le pôle Mer Méditerranée, elle concrétise son avancée par cette nouvelle opportunité économique.

 

Pour les JO et au-delà

Le trio Clément Rousset, Corentin Bigot et Tanguy Goetz, à l'origine de la start-up, conçoit des navettes inédites que l'on retrouvera à Paris sur la Seine et à Marseille en 2024 pendant les JO pour transporter du public. "On lance la construction et la mise à l'eau de deux navettes : le NepRiver fluvial à Paris et le NepShuttle maritime, entre le Vieux Port et l'escale Borély à Marseille où se dérouleront les épreuves de voile. L'idée est qu'elles soient utilisées pendant la durée des Jeux et au-delà. Il y a une notion d'héritage importante au coeur de l'organisation des Jeux pour que ce soit une utilisation pérenne de ces lignes" explique l'ingénieur Clément Rousset.

Couplée à la technologie de l'entreprise bretonne EODev, qui promeut des solutions hydrogènes, Neptech crée des navettes pour passagers nouvelle génération. Leur technologie permet de rendre ce mode de transport maritime propre et tout aussi performant. Ces deux navettes pourront transporter 150 passagers, sans émission de CO², alors qu'un navire diesel traditionnel énergivore en produit 1 100 tonnes par an.

Peu consommatrice d'énergie, la navette marseillaise de type catamaran sera plus fermée car "les conditions en mer sont plus musclées". Optimisée pour une navigation côtière, elle ira plus vite que la navette parisienne, ouverte vers l'extérieur, plus adaptée à la plaisance à l'image des bateaux-mouches actuels. Mais dans les deux cas, elles sont motorisées par des piles à combustibles à hydrogène fabriquées par Toyota puis adaptées pour les applications maritimes et fluviales par EODev. L'innovation de NepTech est d'intégrer ce système à des navires sur-mesures et économes en énergie.

Conçues en interne, ces navettes ont été redessinées avec une architecture compacte et des matériaux composites pour alléger le tout. Des hydrofoils pour soulager le bateau et le stabiliser en gommant les effets de la houle, tout en consommant moins d'énergie grâce à une coque moins en contact avec l'eau et leur technologie brevetée d'injection d'air. "On ne cherche pas à utiliser de vieux plans car ils sont conçus pour un moteur thermique. On en fait un nouveau" explique Corentin Bigot, architecte naval. "Notre coeur de métier est l'hydrodynamique. On crée des coques optimisées sur le profil de l'usage. Sur la Seine, la coque sera pour les basses vitesses contrairement à celle de Marseille, plus haute vitesse."

 

Consommer moins

Spécialiste du transport des passagers (jusqu'à 150 personnes), NepTech n'envisage pas la conception de navires de marchandises longue distance. Les navettes peuvent effectuer le transport de marchandises jusqu'à 20 tonnes et pour le dernier kilomètre. "Nos bateaux font 10 à 24 mètres parce que nos technologies sont assez matures pour ce segment-là. Ensuite, progressivement, les acteurs pourront réutiliser ces technologies pour les appliquer à des plus gros navires."

Avec une taille au standard international entre 18 et 24 mètres, le large marché des bateaux de transport de passager s'ouvre à cette start-up. "On commence en France mais on a des contacts avec la Hollande qui a un gros réseau fluvial. On est suivi par Business France pour l'export."

Parmi leurs valeurs ajoutées, la grande autonomie, la consommation d'énergie réduite de 35 %, avec une vitesse de 18 à 20 noeuds, les bateaux NepTech offrent de meilleures performances que les navires traditionnels.

Les essais des navettes certifiées par les affaires maritimes auront lieu en juin au lac de Peyrolles-en-Provence, puis la fabrication locale permettra d'en assurer la maintenance, pour être prêts en 2024, dans les starting-blocks des JO.

 

 

Le NepRiver adapté à la Seine et le NetShuttle pour la côte marseillaise sont les deux bateaux des JO.

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