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De la crise du Covid naîtra le bureau de demain

L'ACTUALITÉ
6 avril 2021
Immobilier Pays d'Aix

Les Echos
Publié le 01 avril 2021
Par Gabriel Roucel

Lorsque le Covid sera derrière derrière nous, les entreprises devront faire revenir les collaborateurs au bureau. Pour cela, elles devront davantage séduire que contraindre, estime Gabriel Roucel, cofondateur de Volum. D’où la nécessité de repenser l’organisation et la vie de bureau.

Un jour, l’épidémie du Covid-19 passée, il faudra revenir au bureau. Or, après un an de confinement et d’éloignement, la vie au travail ne sera pas la même. Certains salariés ont peur de ce retour. D’autres ne souhaitent pas retrouver la routine des cinq jours en entreprise parce qu’ils sont heureux chez eux. Si beaucoup veulent aussi retrouver un lieu de socialisation, c’est à leur rythme, pas à celui d’avant.

Ils ont les arguments pour se faire entendre. Pendant de longs mois, ils ont accompli leur mission en autonomie. L’activité a continué grâce à la responsabilité des équipes décentralisées. Mais l’entreprise ne peut pas vivre sans réunir ses collaborateurs. Le bureau est un outil clé de sa performance. Il va donc falloir le faire aimer.

Le télétravail, pas toujours efficace

Dans une étude publiée début février 2021, le cabinet McKinsey explique que 20 à 25 % des salariés peuvent accomplir leur mission en étant à distance au moins 3 jours par semaine sans perte de productivité. Mais l’étude dresse aussi une liste des activités pour lesquelles le télétravail génère une lourde perte d’efficacité : le développement de la relation client, l’intégration des nouveaux collaborateurs, le coaching, la prise de décision critique, la négociation commerciale. Bref, ce qui est stratégique se joue en présentiel.

Les Gafam, dont les espaces de travail ont fait rêver les passionnés de technologie du monde entier et qui furent si prompts, l’an passé, à passer à 100% en teletravail, mettent aujourd’hui en œuvre des modèles hybrides de partage du temps entre bureau et maison, chez Microsoft et Google, notamment.

Séduire plutôt que contraindre

Pour convaincre plutôt que contraindre, les entreprises vont devoir transformer les bureaux, les rendre séduisants. Une préoccupation nouvelle pour beaucoup, hormis pour les rares entreprises, surtout des start-up, qui devaient se battre pour attirer les talents.

Ce défi est en même temps une opportunité. Le bureau a trop longtemps été un non-sujet : il est temps de découvrir qu’il est aussi un lieu de vie, un reflet de l’entreprise, une composante de cette identité d'entreprise dont les dirigeants aiment tant parler. Après une si longue période d’isolement social, un bureau «sympa» sera aussi un atout pour recruter, notamment les jeunes. Et une fierté pour tous les collaborateurs.

Un lieu de vie, un lieu de services

On voit s’engager une réflexion sur l’organisation de l’espace intérieur. Les architectes retrouvent un rôle central. Il était temps après la catastrophe des longs couloirs anonymes suivie de celle des «open space» mal pensés. Certaines expériences en cours sont intéressantes. Par exemple, celle de mettre les lieux de vie au centre des bureaux et non plus à leur périphérie pour favoriser les échanges et valoriser les moments de socialisation.  Le design doit être soigné, comme à la maison serait-on tenté de dire. Il n’est plus possible de confier ces sujets à un responsable des services généraux qui décide seul. Les salariés veulent être consultés.

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Les services sont au cœur de la révolution à venir. Jusqu’à présent, ce sont surtout les grandes entreprises, excentrées au-delà du périphérique parisien, qui les proposaient en contrepartie des temps de transport imposés à leurs collaborateurs. Désormais, ce sont toutes les entreprises qui vont être concernées si elles veulent ramener les salariés au bureau. Repas ou snacking, lieux de repos ou d’isolement, services de conciergerie… le bureau de demain devra apporter des services pour justifier qu’on s’y rende.

Trop souvent, la transformation des bureaux n’a été abordée que sous l’angle financier. Par conséquent, les initiatives étaient vite bloquées. Dans les mois à venir, beaucoup vont s’apercevoir que le coût d’une transformation est peu de choses au regard de la motivation des équipes. La réorganisation des bureaux n’est pas une charge mais un investissement. Avec l’arrivée des vaccins, la fin de l’épidémie se profile, le sujet va devenir central.

Gabriel Roucel est cofondateur de Volum.

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