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Ils fuient Paris pour Aix avec leur start-up et leurs salariés

L'ACTUALITÉ
10 mai 2021

La Provence
Publié le 9/05/2021
Par Aurélie Féris

La start-up a emménagé dans l'espace de coworking "Rue piétonne", du boulevard de la République. Depuis son arrivée à Aix en septembre, elle a embauché 18 personnes en gardant le niveau de salaire parisien.

© La Provence - PHOTOS GILLES BADER

 

La crise sanitaire a éveillé en Alexandre Dana fondateur de Livementor et son associée des envies d'ailleurs. À voir ce soir sur M6 dans "Zone interdite"

Son histoire est pour le moins originale. Alexandre Dana, la petite trentaine a créé en 2012 durant ses études la start-up Livementor, un programme d'accompagnement 100 % en ligne pour les chefs d'entreprise. Installée dans le XIe arrondissement de Paris, la société comptait l'an dernier une quarantaine d'employés. Rien de plus banal jusque-là...

C'est après le premier confinement passé pour tous loin de Paris, qu'Alexandre Dana, son associée Anaïs Prétot et l'équipe décident de prendre un virage à 180º : "On avait en tête de partir de Paris depuis un moment mais là, c'était le moment ou jamais. On a toujours voulu lutter contre la concentration des richesses dans les grandes mégalopoles. On avait certes fait nos études tous les deux à Paris, explique Anaïs Prétot, mais on n'y était pas heureux. Plusieurs salariés non plus." 

 

La plupart sont comme eux : ils souhaitent changer d'air. Leur flexibilité est rendue d'autant plus facile qu'ils ont tous quasiment moins de 30 ans. Une première liste de villes est proposée. Les critères ? Qu'elles soient à moins de 4h de train de Paris et qu'il y fasse beau. Aix l'emporte. "Le 15 avril, on choisissait Aix et le 12 mai, le lendemain de la fin du premier confinement, un salarié en déplacement à Aix signait le bail avec Rue piétonne", rapporte-t-elle.

Le 1er septembre, Livementor emménageait donc dans cet espace de coworking, bd de la République. Vous pourrez suivre ce changement de cadre professionnel et personnel ce soir sur M6 dans "Zone interdite" sur le thème "Plus vertes, moins chères : la grande revanche des villes de province." 

 

Anaïs Prétot, associée d'Alexandre Dana, fondateur de Livementor. En s'installant à Aix, elle a pu trouver un appartement trois fois plus grand et deux fois moins cher qu'à Paris

 

Qu'est-ce qui a changé dans leur vie depuis leur arrivée à Aix ? "J'ai un appart trois fois plus grand et deux fois moins cher et avec un jardin, ce qui est un vrai luxe, à Paris c'est impensable", reprend-elle. Pourtant, on ne peut pas dire que les loyers à Aix sont bon marché. Mais grâce à de sacrées économies sur le loyer des bureaux (huit fois moins cher qu'à Paris apprend-on dans le reportage), la start-up peut continuer à payer ses collaborateurs au même salaire que lorsqu'ils habitaient la capitale. Un gain financier non négligeable, le coût de la vie étant tout de même moins cher de 30 % à Aix.

Changer de ville sans avoir à quitter son job, ce n'est pas courant. "Avec les salaires qu'on propose, on n'a pas eu de difficulté à embaucher sur Aix alors qu'à Paris, on était tout juste dans le marché." Livementor a donc recruté pas moins de 18 personnes en moins d'un an.

Côté qualité de vie, "il n'y a pas photo, dit-elle en riant. J'ail'impression d'être en vacances chaque week-end, entre la mer, la montagne, j'ai enfin le loisir de faire des randonnées... Je gagne beaucoup de temps sur les transports. Je peux faire de l'équitation sans perdre trois heures dans les bouchons. Je lis aussi beaucoup plus qu'avant et je peux prendre le temps de chercher un appart à acheter. Quant aux salariés, ils sont contents d'avoir pu choisir leur appart et de ne pas se rabattre comme c'était le cas à Paris seulement sur ceux qui étaient dispo."

La start-up accompagne environ 7 000 personnes par an, âgées pour la très grande majorité entre 40 et 50 ans. Les deux tiers sont des femmes. Le chiffre d'affaires (de plusieurs millions d'euros) a doublé entre 2019 et 2020 et a encore doublé au premier trimestre 2021. Les élèves de Livementor seraient à 80 % situés en dehors de grandes villes.

Cette flexibilité, le boss en a fait un adage de vie. Il a décidé que durant les deux prochaines années, il vivrait de manière nomade. Pas d'appartement : il oscille entre habitats saisonniers, hébergements chez des amis. Cette semaine, il est à New York mais durant les semaines précédentes, il a sauté de Vannes - pour rendre visite au bureau breton de Livementor -, au sud de la France en passant par le Guatemala. Le nerf de la guerre ? Posséder une connexion internet afin que les mentors qu'ils soient à Rio, Pékin ou en Guinée puissent poursuivre leur formation. "Avant la crise sanitaire, il fallait convaincre de l'intérêt d'une formation en ligne, pas toujours bien perçue. Désormais, ce n'est plus un problème. C'est entré dans les moeurs", conclut-elle.

 

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