Immobilier : l'entrepôt veut plaire en jouant la carte écologique

L'ACTUALITÉ
11 janvier 2022
Entrepôt

Les professionnels de la logistique et de l'e-commerce ont signé deux chartes d'engagements pour rendre les entrepôts plus verts.

Le coup n'est pas passé loin l'été dernier. Lors de l'examen du projet de loi Climat et Résilience , dont un des volets porte sur la limitation de l'artificialisation des sols, la commission mixte paritaire de l'Assemblée nationale a finalement rejeté la proposition des sénateurs de soumettre la création des entrepôts de plus de 5.000 m² et leur extension au-delà de cette taille, à l'autorisation de la Commission départementale d'aménagement commercial (CDAC), actuellement compétente uniquement pour les commerces et les centres commerciaux.

Poussée par des Fédérations de commerçants, vent debout contre Amazon et ses sites XXL, cette obligation administrative n'aurait pas concerné les plateformes qui s'installent sur des friches, pas plus que les entrepôts des industriels ne livrant pas les particuliers. Même si ces commerçants n'ont pas dit leur dernier mot, cherchant maintenant à assujettir ces entrepôts à la Tascom, dans le cadre du projet de loi de finances 2022, la majorité parlementaire a déjà fait savoir qu'elle ne votera pas ce type d'amendements.

De cette joute, il ne subsiste dans la loi qu'une demande de planification du développement des entrepôts en France, via des secteurs d'implantation privilégiés. Les élus, qui ne savent pas trop comment s'y prendre, ont jusqu'à février 2022 pour faire « des propositions de consommation foncière ».

Logisticiens et e-commerçants à la manoeuvre

Les professionnels de la logistique et de l'e-commerce ont, eux, bien compris le message, et, à l'issue d'une mission de concertation confiée par le gouvernement à France Logistique et à France Stratégie, ils ont signé deux chartes, fin juillet. La première, négociée avec l'Afilog, prévoit, par exemple, de couvrir 50 % de la surface de toiture utile des entrepôts avec des panneaux photovoltaïques - en moyenne sur l'ensemble des permis déposés entre 2022 et 2025 -, et d'atteindre la neutralité carbone d'ici à 2040, pour les nouveaux projets uniquement.

Il s'agit aussi de rendre systématique la certification environnementale incontournable de l'immobilier tertiaire (HQE, BREEAM, LEED) pour les permis de construire déposés à compter de janvier 2022, ou de construire sur une friche plutôt que sur des terres non artificialisées ou en extension du tissu urbain existant.

La seconde charte, qui implique la Fédération de l'e-commerce (Fevad), liste 10 engagements autour de quatre thèmes, dont les plus significatifs portent sur l'information du consommateur sur l'impact environnemental de la livraison, la réduction du volume des emballages, pour au moins 75 % des produits ou des colis d'ici à fin 2024, ou le regroupement systématique des expéditions à un même client.

Reste que l'empreinte carbone du transport est beaucoup plus lourde que celle de l'immeuble logistique, sans parler des nuisances provoquées par les flux de camions. En octobre dernier, lors de l'inauguration d'une base logistique non alimentaire de Monoprix de 100.000 m² à Moissy-Cramayel, sur une partie d'une friche PSA, son propriétaire, Prologis, a présenté son actif comme « la première plateforme logistique carbone neutre au monde ».

étude de Cushman & Wakefield

Par Vincent Lepercq - Les Echos

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