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Le digital doit être un moyen au service de la transition environnementale des bâtiments

L'ACTUALITÉ
5 mars 2021

Publié par Les Echos
Le 26 févr. 2021
Par Etienne Thierry-Aymé

Ⓒles echos 

Ella Etienne-Denoy est directrice générale de Green Soluce, membre de la Smart Buildings Alliance et vice-présidente de Smart city. (Studio Falour)

 

La directrice général de Green Soluce est convaincue que le numérique doit agir comme un complément de la transition énergétique. Ella Etienne-Denoy est également membre de la Smart Buildings Alliance en tant que vice-présidente smart city (ville intelligente).

Quels sont les principaux enjeux de la transition énergétique pour l'immobilier public ?

L'Etat et ses opérateurs sont, aujourd'hui, propriétaires d'environ 100 millions de mètres carrés, tandis que les collectivités territoriales possèdent, elles, 280 millions de mètres carrés. Quand on sait que le secteur du bâtiment représente, à lui seul, 44 % de la consommation énergétique, la rénovation de ce parc constitue donc un enjeu environnemental majeur , qui doit à la fois permettre de répondre aux engagements et aux réglementations françaises et européennes sur l'impact environnemental des bâtiments, de rationaliser les charges pesant sur les propriétaires de parcs immobiliers. Enfin, d'assurer le confort et la qualité de vie des occupants en proposant des bâtiments sobres et adaptés au changement climatique.

Comment les acteurs publics se situent-ils par rapport aux acteurs privés ?

C'est assez compliqué d'avoir des données comparatives. En 2015, le patrimoine public représentait près de 40 % des surfaces du parc national de bâtiment à usage tertiaire, mais seulement 5 % de la consommation énergétique nationale, avec 7,2 mégatonnes équivalent pétrole (Mtep). Et, si l'on s'intéresse aux bâtiments de l'Etat, hors collectivités, pour lesquels des études ont été menées, notamment par le Ceren, ils représentent environ 8 % de l'ensemble des surfaces de bureaux existantes. Dans ce parc, les dépenses de chauffage diminuent d'environ 1 % chaque année depuis 1998. Il est dommage, néanmoins, de constater que ces baisses sont souvent compensées par d'autres consommations : climatisation, éclairage, bureautique, etc.

Et, au niveau européen ?

D'après la Commission européenne en 2013, la France se situait au milieu du classement pour la consommation de ses bâtiments tertiaires, privés et publics confondus. Depuis, la France a fixé des objectifs forts de réduction des consommations d'énergie via notamment le décret tertiaire , dont les prochains résultats seront à suivre de près. 

Aujourd'hui, en France comme en Europe, le constat est le même : environ 11 % du parc immobilier engage chaque année des travaux de rénovation, allant de légers - de 3 % à 30 % d'économies d'énergie - à moyens - de 30 % à 60 % -, jusqu'à des rénovations lourdes -supérieures à 60 % d'économies d'énergie. Mais, la grande majorité de la rénovation ne porte pas sur la performance énergétique, et le taux de rénovation énergétique pondéré n'est que de 1 % par an. C'est trop peu pour renouveler le parc immobilier privé et public et le conduire vers la neutralité carbone d'ici à 2050 , et encore moins en France pour respecter les exigences du décret tertiaire. 

C'est pourquoi la Convention Citoyenne pour le climat a préconisé un rythme de rénovation du parc tertiaire, public et privé, de 3 % en moyenne par an, entre 2015 et 2050, pour atteindre nos objectifs.

Quel est l'esprit de l'accompagnement que vous proposez aux acteurs publics ?

Nous accompagnons les acteurs publics comme privés dans leur virage vers un modèle plus durable, plus inclusif et plus résilient. Nous les aidons à naviguer dans la complexité de la transition environnementale et sociétale, et à mettre en oeuvre des solutions audacieuses à impact fort et positif. Notamment en capitalisant sur la transition numérique.

Justement comment doivent s'articuler, selon vous, transition numérique et transition énergétique ?

Ma conviction est que le digital doit être un moyen au service de la transition énergétique et plus largement environnementale des bâtiments. L'alliance du « smart » et du « green » est nécessaire pour arriver à cette transition, pour accompagner la prise de décision, en présentant des scénarios différents et complémentaires, pour concevoir les projets via notamment la structuration de la data par le BIM [Building information modeling, NDLR], et pour suivre les indicateurs en phase d'exploitation : consommation énergétique, occupation des bâtiments, empreinte carbone notamment.

Etienne Thierry-Aymé

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