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Le ministre de l'Économie Bruno Le Maire présent dans les locaux de La Provence : "La France est un pays d’entrepreneurs"

L'ACTUALITÉ
1 avril 2021

La Provence
Publié le 27 mars 2021
Par Marie-Cécile Bérenger, Rislène Achour et Jean-Luc Crozel

Le ministre de l'Économie Bruno Le Maire et des lecteurs de La Provence.

PHOTO FRANCK PENNANT

Ⓒ La Provence 

 

Le ministre de l’Économie était hier au siège de "La Provence"

C'était une visite éclair, hier, sur le territoire provençal. Mais le ministre de l'Économie et des Finances s'est pourtant attardé face au panel d'acteurs économiques qui l'ont questionné dans les locaux de La Provence. Après avoir annoncé 15 M€ à Fos pour aider à la décarbonation du sidérurgiste ArcelorMittal, il a assuré que les commandes de Caracal promises à Airbus helicopters seraient bien honorées, d'ici quelques jours, avant de débloquer un prêt de 40 M€ pour le sauvetage de l'équipementier Cnim, à La Seyne dans le Var. "Il y a une défaite industrielle depuis 30 ans qui est révoltante", a martelé au fil de cette journée marathon le poids lourd du gouvernement, en fervent défenseur de la reconquête industrielle. N'hésitant pas à prendre des positions fortes, comme celle en faveur des quotas pour favoriser l'accès des femmes aux postes à responsabilité dans les entreprises, de faire de l'instauration d'une taxe carbone aux frontières l'enjeu de la prochaine présidence française européenne. Ou encore lorsqu'il se prononce pour une prévision des dépenses de l'État sur cinq ans pour mieux les maîtriser, ou pour la réforme des retraites, anticipant déjà le prochain quinquennat... Sans jamais vraiment parler de politique, Bruno Le Maire a pris le temps de décortiquer celle mise en oeuvre par la majorité, depuis le choix de l'endettement pour soutenir l'économie et la relance, en passant par la baisse de 10 M€ des impôts de production sur les entreprises, jusqu'à s'engager à ne pas augmenter les impôts, "la seule solution que j'écarte".

Le discours, lyrique lorsqu'il évoquait la "fierté collective" de la réussite économique française, avait de quoi séduire le panel composé de syndicalistes, chefs d'entreprise et représentant des filières aéronautique ou événementielle. Unanimes pour souligner les efforts de l'État en faveur du monde économique. Mais surtout convaincus par le raisonnement du ministre de l'Économie sur la souveraineté, la nécessité de retrouver une indépendance sur les produits comme les semi-conducteurs ou d'aider les TPME à accéder aux marchés publics. "La France est un pays dynamique, innovant, d'entrepreneurs", assurait-il.

"Vous êtes embauchée !", a-t-il répondu, dans un sourie à Julie Davico-Pahin, la présidente déléguée de la French tech Aix-Marseille lorsqu'elle lui a proposé de plancher avec ses équipes sur l'égalité hommes-femmes dans le monde économique et en particulier dans le numérique. Bruno Le Maire a lui aussi réussi son entretien. Hier les acteurs économiques du territoire avaient visiblement envie de renouveler son contrat.

 

 

Les acteurs économiques ont-ils l'assurance que vous continuerez à les soutenir ?

Bruno Le Maire : On ne va pas faire l'erreur de retirer brutalement des aides que nous avons déployées depuis un an. Nous ferons donc les choses progressivement et de manière différenciée entre les secteurs d'activités économiques. Certains pourront redémarrer très rapidement; je pense à la restauration, et d'autres pour lesquels ce sera plus long comme l'aéronautique. Par ailleurs, j'ai parfaitement conscience que certaines entreprises se sont endettées. Nous travaillons à des solutions nouvelles pour leur permettre de passer cette période difficile. Nous avons apporté des réponses pour faciliter le remboursement des prêts garantis par l'État, prévu 20 milliards pour des prêts participatifs qui sont des quasi fonds propres; nous avons aussi décalé d'un an les délais de remboursement des PGE. Nous sommes prêts à étudier toutes les propositions pour permettre aux entreprises de rebondir lorsque la crise sanitaire sera derrière nous. Je suis prêt à des solutions imaginatives.

Comment rembourser la dette ?

D'abord, je tiens à rassurer les Français : nous pouvons lever de l'argent sur les marchés financiers sans difficulté et à des taux historiquement bas. En revanche, la dette que nous avons contractée à cause de la crise devra être remboursée. Cela va nous amener, le jour où la croissance sera revenue, à faire des choix. C'est un débat démocratique très intéressant. Il y a ceux qui disent, comme M. Mélenchon, il ne faut pas rembourser la dette : je pense que c'est irresponsable. Il y a ceux, comme Mme Le Pen, qui disent il faut la rembourser mais dépenser plus d'argent public, comme faire la retraite à 60 ans. C'est totalement incohérent. Et puis il y a la position que nous défendons avec le Premier ministre et le président de la République, qui est de dire non seulement nous allons rembourser la dette mais aussi d'expliquer comment nous allons faire. Il y a trois moyens pour rembourser la dette. D'abord par la croissance : c'est pour cela que nous accélérons le déploiement de France Relance. Le deuxième moyen et c'est un vrai débat démocratique, c'est de mieux maîtriser la dépense publique. Et pour cela il y a une solution à laquelle je crois : s'engager sur une trajectoire budgétaire sur 5 ans et pas sur une année. Notre proposition c'est de dire au début de chaque quinquennat voilà ce que nous allons dépenser en argent public sur les 5 prochaines années. Ça ne s'est jamais fait en France, c'est un changement radical. On a une enveloppe que l'on ne dépasse pas, sur 5 ans. Et on détermine les dépenses prioritaires dans le cadre d'un débat démocratique. Enfin, le dernier moyen consiste à engager des réformes de structure et il y en a une à laquelle je crois, c'est la réforme des retraites. On ne peut pas être le pays qui, sur une durée de vie, a le moins d'heures travaillées de tous les pays développés et en même temps finance le système de protection sociale le plus généreux du monde. Il n'y a qu'une seule solution que j'écarte, c'est l'augmentation des impôts qui est une solution de facilité, inefficace et injuste.

Les acteurs économiques ont-ils l'assurance que vous continuerez à les soutenir ?

Bruno Le Maire : On ne va pas faire l'erreur de retirer brutalement des aides que nous avons déployées depuis un an. Nous ferons donc les choses progressivement et de manière différenciée entre les secteurs d'activités économiques. Certains pourront redémarrer très rapidement; je pense à la restauration, et d'autres pour lesquels ce sera plus long comme l'aéronautique. Par ailleurs, j'ai parfaitement conscience que certaines entreprises se sont endettées. Nous travaillons à des solutions nouvelles pour leur permettre de passer cette période difficile. Nous avons apporté des réponses pour faciliter le remboursement des prêts garantis par l'État, prévu 20 milliards pour des prêts participatifs qui sont des quasi fonds propres; nous avons aussi décalé d'un an les délais de remboursement des PGE. Nous sommes prêts à étudier toutes les propositions pour permettre aux entreprises de rebondir lorsque la crise sanitaire sera derrière nous. Je suis prêt à des solutions imaginatives.

Comment rembourser la dette ?

D'abord, je tiens à rassurer les Français : nous pouvons lever de l'argent sur les marchés financiers sans difficulté et à des taux historiquement bas. En revanche, la dette que nous avons contractée à cause de la crise devra être remboursée. Cela va nous amener, le jour où la croissance sera revenue, à faire des choix. C'est un débat démocratique très intéressant. Il y a ceux qui disent, comme M. Mélenchon, il ne faut pas rembourser la dette : je pense que c'est irresponsable. Il y a ceux, comme Mme Le Pen, qui disent il faut la rembourser mais dépenser plus d'argent public, comme faire la retraite à 60 ans. C'est totalement incohérent. Et puis il y a la position que nous défendons avec le Premier ministre et le président de la République, qui est de dire non seulement nous allons rembourser la dette mais aussi d'expliquer comment nous allons faire. Il y a trois moyens pour rembourser la dette. D'abord par la croissance : c'est pour cela que nous accélérons le déploiement de France Relance. Le deuxième moyen et c'est un vrai débat démocratique, c'est de mieux maîtriser la dépense publique. Et pour cela il y a une solution à laquelle je crois : s'engager sur une trajectoire budgétaire sur 5 ans et pas sur une année. Notre proposition c'est de dire au début de chaque quinquennat voilà ce que nous allons dépenser en argent public sur les 5 prochaines années. Ça ne s'est jamais fait en France, c'est un changement radical. On a une enveloppe que l'on ne dépasse pas, sur 5 ans. Et on détermine les dépenses prioritaires dans le cadre d'un débat démocratique. Enfin, le dernier moyen consiste à engager des réformes de structure et il y en a une à laquelle je crois, c'est la réforme des retraites. On ne peut pas être le pays qui, sur une durée de vie, a le moins d'heures travaillées de tous les pays développés et en même temps finance le système de protection sociale le plus généreux du monde. Il n'y a qu'une seule solution que j'écarte, c'est l'augmentation des impôts qui est une solution de facilité, inefficace et injuste.

Le soutien de l’État à Cnim confirmé

Sauvés ! C'est un peu le sentiment qui se dégageait hier du site de l'équipementier Cnim, à La Seyne, entreprise stratégique qui emploie 1 200 salariés dans le Var comme l'a rappelé Bruno Le Maire hier. Aux côtés du président LR de la Région Renaud Muselier qui se félicitait hier soir de la nouvelle dans un communiqué de presse, mais aussi d'Hubert Falco le maire LR de Toulon, dont le ministre soulignait l'implication dans ce dossier, il a annoncé 40 M€ de prêt direct à l'entreprise en difficulté depuis des mois à la suite de la défaillance d'un co-traitant outre-Manche, ainsi que 180 M€ de garantie export. "Cela a rassuré les personnels, qui avaient de beaux sourires aujourd'hui", commentait le PDG Louis-Roch Burgard qui peut désormais entamer une nouvelle phase de la vie de l'entreprise. Suite à l'accord de principe, un protocole de conciliation doit être homologué par le tribunal de commerce courant avril. Trois cessions sont aussi prévues dans ce plan dont celle de Bertin IT (100 salariés et 30 M€ de CA) et de la branche qui gère des unités de valorisation de déchets (300 salariés dont 30 à La Seyne pour 80 M€ de CA). Les banques convertiront quant à elles les dettes en fonds propre.

 

Hier matin, le ministre de l'Économie a rencontré le personnel d'ArcelorMittal. Cap est mis sur la décarbonation.

PHOTO SERGE GUÉROULT

Ⓒ La Provence

 

Industrie : une promesse d'État de 15 millions d'euros pour la décarbonation

Faire de l'industrie lourde, l'avenir. C'est avec cette annonce, complétée par l'attribution de 15 millions d'euros au site ArcelorMittal pour la décarbonation de la production d'acier que Bruno Le Maire, a dès l'entame de sa visite, présenté ses intentions pour le deuxième site de sidérurgie français. " Je viens pour marquer mon soutien à l'industrie en France. Nous croyons en l'avenir de l'industrie lourde en Europe. Pour cela il y a une condition, celle de faire le choix de la décarbonation", souligne le ministre. Et Fos-sur-Mer "en sera un site exemplaire". Mais selon Bruno Le Maire, la décarbonation "n'a qu'un défaut" : son coût. Les investissements au niveau national comme européen se chiffrent en "milliards d'euros pour les dix années à venir." À Fos, 63 millions d'euros vont être investis dans le projet de décarbonation et "l'État apportera 15 millions d'euros." Avant d'ajouter : "et s'il faut accélérer encore, nous serons toujours là. Parce que nous y croyons profondément." Pour la part de digitalisation importante, l'État apportera également 500 000 €, "élément clé pour la compétitivité du site."

Reconquérir l'industrie et préserver l'emploi sont "une cause nationale. Il y a une culture industrielle en France.La décarbonation doit être une grande ambition collective qui ne connaît pas de division partisane."

Une fois la visite de la salle de contrôle des hauts fourneaux effectuée, Bruno Ribo, directeur du site, a évoqué "ce moment historique où l'Europe montre la voie au monde." La première étape sera de réduire à 30 % les émissions d'ici 2030. Un enjeu de taille. "Ce projet est un pas important dans notre engagement pour le climat, il contribuera à multiplier par cinq l'utilisation d'acier recyclé sur notre site d'ici 2025. C'est le début d'une transformation complète de notre procédé qui s'ouvre.Nous saluons le soutien de l'État français."

Mais mener un tel projet sous-entend qu'en faisant de l'acier propre en France voire en Europe, "on n'importe pas à coût réduit de l'acier produit en Chine et Turquie, dans des conditions environnementales moins satisfaisantes", appuie le ministre. Alors il est "légitime" que "nous fassions payer le coût des émissions de CO2." Ainsi faire de la taxe carbone aux frontières européennes une "priorité absolue" de la prochaine présidence française de l'Union européenne. L'Europe doit, selon le ministre de l'Économie, "délivrer plus vite, plus fort, arrêter d'avoir peur de son ombre et défendre ses intérêts économiques et les choix de société."

Sauf qu'au niveau des pays européens, l'idée ne fait pas consensus. "C'est un combat", lâche Bruno Le Maire, "certains estiment que ça peut soulever des difficultés au niveau du droit international ou commercial." Il évoque alors une taxe carbone conforme à l'Organisation mondiale du commerce. En ce sens, Bruno Le Maire sera la semaine prochaine à Genève pour rencontrer la nouvelle présidente de l'organisation "pour rassurer sur ce point. Nous ne ménagerons pas nos efforts, c'est un enjeu stratégique pour l'Europe."

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