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WeWork parie sur le retour au bureau pour se coter en Bourse

L'ACTUALITÉ
2 avril 2021

Les Echos
Publié le 28 mars 2021
Par Véronique Le Billon

Le taux d'occupation des bureaux de WeWork a perdu 25 points en 2020, passant de 72 % à 47 % en fin d'année. (V. Le Billon/« Les Echos »)

ⒸLes echos

 

La plateforme de location de bureaux partagés prévoit de s'introduire en Bourse à l'automne, via une fusion avec un SPAC. L'opération valoriserait WeWork 9 milliards de dollars, cinq fois moins qu'il y a deux ans. L'entreprise tente de rebondir après la crise qui l'a vue perdre 3,2 milliards de dollars l'an dernier, soit autant que son chiffre d'affaires.

Il ne reste plus grand monde au 1460 Broadway. Depuis le début de la pandémie il y a un an, les locataires de ce WeWork installé au coeur de Times Square, à New York, ont fait leurs cartons les uns après les autres. En dévoilant un projet d'introduction en Bourse qui pourrait prendre effet au troisième trimestre 2021, l'ancienne icône des bureaux partagés fait pourtant le pari que la fin de la pandémie redonnera rapidement de la valeur à son modèle économique.

Depuis son dernier projet de mise en Bourse il y a deux ans, abandonné après que le fondateur Adam Neumann eut été remercié par son principal actionnaire SoftBank et sur fond de doutes croissants des investisseurs, l'entreprise a souffert. Alors qu'elle était valorisée jusqu'à 47 milliards de dollars, son projet de fusion avec BowX, la coquille vide déjà cotée (SPAC) par laquelle elle prévoit d'entrer en Bourse, valorise WeWork autour de 9 milliards de dollars. Selon les documents déposés auprès de l'Autorité américaine des marchés financiers (SEC), WeWork récupérerait 483 millions de dollars de BowX, et 800 millions de dollars de plusieurs fonds (Insight Partners, Starwood, Fidelity…) via un placement privé.

Taillé dans les coûts

Vidé d'une bonne partie de ses locataires, WeWork a perdu l'an dernier 3,2 milliards de dollars, soit le niveau… de son chiffre d'affaires. Pour limiter la casse, son dirigeant depuis un an, Sandeep Mathrani, a taillé à la hache dans ses coûts : les deux tiers de ses salariés, souvent de jeunes employés chargés de l'accueil et de la gestion des sites, ont été licenciés. L'entreprise a aussi fermé une centaine de sites et renégocié ses propres baux. De quoi réduire l'an dernier ses dépenses de fonctionnement de 1,1 milliard de dollars et ses frais de gestion des immeubles de 400 millions.

Au WeWork de Times Square, survivre malgré la crise

WeWork, qui continuait à ouvrir de nouvelles adresses, a aussi stoppé net ses investissements : ils se sont limités à 49 millions de dollars en 2020, contre 2,2 milliards de dollars en 2019. Entre son premier projet de cotation mi-2019 et aujourd'hui, la plateforme s'est toutefois étendue, elle compte aujourd'hui 851 sites dans 152 villes, contre 528 sites dans 111 villes il y a deux ans. WeWork a aussi abandonné ses tentatives de diversification (dans l'éducation ou la colocation), qui ne faisaient déjà guère florès avant la crise.

Nouvelles offres

Pour retenir ses clients et repenser son modèle, la plateforme a assoupli ses conditions d'utilisation. Via son offre All Access, tout locataire peut, depuis quelques mois, réserver un autre poste de travail que le sien, dans un autre quartier ou une autre ville. Une nouvelle application, WeWork On Demand, propose aussi la location d'un poste de travail à la journée - pour 29 dollars à New York. Une forme de retour en arrière imposé pour WeWork, qui avait oeuvré avant la crise pour louer ses postes de travail avec une durée d'engagement plus longue (seulement 10 % sont au mois, contre 100 % en 2015), limitant d'ailleurs les résiliations l'an dernier.

Avec des grandes entreprises qui planchent sur le futur du travail, WeWork espère profiter de la vague annoncée du flex office et de la décentralisation des bureaux. Le taux d'occupation de ses bureaux a perdu 25 points en 2020, passant de 72 % à 47 % en fin d'année. Il parie aujourd'hui sur un rebond audacieux et surtout très rapide : 90 % de taux d'occupation fin 2022 et 7 milliards de dollars de chiffre d'affaires en 2024. Ses clients sont, à date, engagés à hauteur de 1,5 milliard de dollars de chiffre d'affaires cette année.

WeWork poursuit malgré tout son expansion à Paris

 

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