Le bureau rêvé a bien changé un an et demi après le premier confinement

Deux études réalisées à un an d’intervalle montrent les nouvelles envies des salariés qui se sont maintenues ou renforcées et celles qui ont décliné.

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Ni une révolution, ni un retour à la case départ. Avec son enquête Office Fit, le réseau international de conseil en immobilier Savills a eu la bonne idée de sonder propriétaires et salariés à travers le monde sur leurs attentes en matière de bureau en 2021 puis en 2021. Après le cataclysme du premier confinement et le succès du télétravail forcé, nombreux étaient ceux qui pensaient que tout allait changer: télétravail intensif, recul du bureau, nouvelles méthodes de travail... Pourtant la deuxième vague de 2021 montre que sur plusieurs points on est déjà revenu au monde d’avant... ou presque.

Au niveau international (l’étude a été menée en Europe, Royaume-Uni, Afrique et Moyen-Orient) pas moins de 87% des sondés pensent que le bureau est essentiel pour qu’une entreprise puisse fonctionner avec succès et les Français figurent dans le Top 4 des pays les plus demandeurs. Le phénomène est le plus marqué chez les plus jeunes: ainsi les 25-34 ans qui étaient 62% en 2020 à penser que la pandémie influerait sur leur choix de domicile ne sont plus que 41% désormais. Un retour vers le centre-ville qui se confirme par le fait que les Français préfèrent désormais à plus de 60% un lieu de travail situé en centre-ville. Là encore, c’est un des plus hauts scores de l’étude.

Les plus jeunes ont le plus souffert du télétravail

«Cet attachement au bureau des plus jeunes peut notamment s’expliquer par le fait que le bureau est un booster de carrière, estime Boris Cappelle, PDG de Savills France. Pour progresser, il faut de la visibilité, c’est plus difficile depuis chez soi. Le télétravail n’est plus un obstacle pour ceux qui n’ont plus de perspectives d’évolution et cherchent plus de confort et de tranquillité.» Globalement, ce sont les plus jeunes salariés qui ont le plus mal vécu les confinements. Le télétravail prolongé a quant à lui montré ce que l’on faisait moins bien à distance. Si les sondés étaient 48% en 2020 à estimer que le travail est distance est plus productif, ils ne sont plus désormais que 40%. «Au fur et à mesure, on a pris conscience des impacts de long terme du télétravail qui ne permet pas le tutorat et débouche sur un essoufflement de la créativité», souligne Boris Cappelle.

Au final, la plupart des salariés s’accordent à estimer que 2 jours de télétravail par semaine est la durée idéale (à 41% contre 14% pour 1 jour et 24% pour 3 jours). Le problème, c’est qu’ils souhaitent en masse rester chez eux le lundi et le vendredi. Ils ne sont que 51% et 56% à privilégier ces jours pour venir au bureau contre 78% le mardi, 81% le mercredi et 67% le jeudi. Dans ces conditions pas facile pour les entreprises de réduire leur surface de bureau si les salariés s’absentent tous ensemble. C’est une illustration parmi d’autres de la difficulté d’accorder salariés et dirigeants autour du télétravail. «Il y a un rapport dissonant entre employeurs et employés sur cette question, explique Boris Cappelle. Plus on monte dans l’échelle hiérarchique, plus le sentiment de perdre en productivité à distance est fort.» Et si la perspective de passer au flex office effraie un petit peu moins de monde (12% des sondés sont prêts à y passer contre 3% en 2021), le bureau individuel est toujours le plus souhaité. D’ailleurs la proportion de ceux qui sont prêts à utiliser un bureau partagé au travail baisse passant de 66% à 55%. L’innovation pourrait passer par les hubs et autres bureaux satellites. Si le domicile reste le lieu naturel du télétravail, 12% des sondés envisagent de travailler dans des bureaux équipés proches de leur domicile et 10% dans des hôtels ou des business center.

Quant à l’équipement du lieu de travail à proprement parler, les choses ont bien changé. Si à la sortie du premier confinement ,les salles de sports, parkings à vélos et autres salles de douches étaient plébiscitées car tout le monde avait besoin de bouger, ce qui est le plus réclamé en ce moment, c’est du calme, un espace de travail peu bruyant. Depuis les confinements successifs, les demandes de casques et de zones isolées de tout bruit ont explosé. Et côté technologique, la demande la plus forte reste très basique: un réseau mobile et un signal wi-fi de bonne qualité.

Par Jean-Bernard Litzler - Figaro Immobilier

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