Quelles perspectives pour le bureau en 2023 ?

Publié le 07/12/2022 dans Business Immo
Crédit photo : © Jacob Lund / Adobe Stock

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D’après un sondage mené par Savills auprès d’investisseurs et de gestionnaires d’actifs européens, les bureaux du QCA font partie de leur priorité d’investissement pour 2023. Les investisseurs et les bailleurs ont besoin d’une plus grande marge de manœuvre pour leurs espaces afin de s’adapter au changement économique et d’usage, aux attentes de leurs résidents. La flexibilité, tant dans les modes de financement, le choix des surfaces, que les types de baux, est l’une des tendances pour les 12 prochains mois.

 

« Au bureau comme à l’hôtel » est sans doute l’expression qui incarne le plus l’évolution du mode de consommation du bureau. Ce dernier n’est plus seulement un lieu pour effectuer sa tâche. Les résidents veulent désormais qu’il participe activement à leur bien-être et leur simplifie la vie, aussi bien professionnelle que personnelle. Ceci passe notamment par une forte proposition de valeur en matière d’aménagement des espaces de travail (salle de réunion, open space, cabine insonorisée, choix des couleurs) et une offre de services complète : réception personnalisée, conciergerie, service de pressing, de réservation de taxi, fooding, salle de sport, massage, onglerie, barista, organisation d’événements culturels (expo) et inopérationnels (conférences). Le « work hospitality » s’immisce désormais dans les appels d’offres, son marché est en pleine effervescence, car les bailleurs, tout comme les entreprises et leurs salariés, n’imaginent plus leurs espaces de bureaux sans cette proposition de valeur. Cette tendance va s’accentuer en 2023 et bien au-delà.

 

Autre tendance forte, le bureau « totem ». Beaucoup d’analystes, à l’occasion de la pandémie et du boom du télétravail, ont sans nul doute enterré le bureau trop tôt. Avec le recul que nous avons à présent, si ce dernier a progressé à la faveur de la pandémie, il est encore loin d’être la norme et fait débat. Il y a déjà un reflux progressif de son usage. Au cœur de la pandémie, nous passions deux à trois jours en télétravail. Les pics de contamination derrière nous, l’adaptation de tous à cette contrainte sanitaire (vaccination, gestes barrières, masques) fait reculer petit à petit l’usage du télétravail. Fin 2021, la moyenne de jours télétravaillés s’est installée à 1,3 jour selon l’enquête de Bpifrance Le Lab. Le télétravail pose aussi d’autres questions. D’un point de vue organisationnel, avec des pics de présence le mardi/jeudi, moyen le lundi/mercredi et un jour mort le vendredi avec des plateaux/espaces vides, comment organiser le travail, les services ? Faut-il chauffer un bâtiment à moitié vide ? Proposer la restauration collective, des services (restauration, propreté, accueil) ?

 

Une récente étude d’Allianz Trade, réalisée auprès de 1 000 salariés de France, d’Allemagne et d’Italie apporte aussi un éclairage sur les méfaits du télétravail à prendre en considération d’un point de vue humain, santé mentale et bien-être. Le manque de contacts humains ressort comme une difficulté pour 28 % des personnes interrogées, soit deux fois plus que l’an passé. Le flou de la frontière entre vie privée et vie professionnelle est aussi un mal vécu par 18 % des salariés interrogés, un chiffre là encore deux fois plus élevé qu’il y a un an. Le fait de ne pas être au bureau peut entraîner de moindres promotions et une perte d’apprentissage, créant des inégalités, précise l’étude. Perte du collectif, de sens et de lien social, de motivation, d’efficacité, de créativité ou de productivité sont parmi les syndromes qui ne prêchent pas en faveur du télétravail. Enfin, comme dit l’expression, « loin des yeux, loin du cœur ». La distance finit ou finira par casser le lien social qui rassemble les salariés et la culture d’entreprise qui unit ses forces vives. Il peut être dès lors plus facile de se passer de quelqu’un que l’on a peu ou pas vu, ou de quitter une entreprise qu’on ne connaît finalement pas. Ce qui peut poser un problème tant au salarié qu’à l’entreprise.

 

« Seul on va plus vite, ensemble on va plus loin » : la crise ou récession qui se profile pourrait rebattre les cartes du marché de l’emploi et la manière dont entreprises et salariés s’entendent sur les modes de travail. Pour l’affronter, un seul mot d’ordre : le collectif. Les politiques RH et RSE feront tout pour rassembler les équipes sur le lieu de travail afin de répondre aux défis de cette crise qui se profile à l’horizon. Sur ce point, la dernière étude de l’Institut CSA Research est plutôt rassurante. En effet, elle révèle que 75 % des salariés ont plaisir à retourner sur leur lieu de travail et que seuls 8 % des dirigeants disent avoir du mal à faire revenir leurs collaborateurs au bureau. La crise impactera le monde du bureau, à n’en pas douter. Il sera plus que jamais temps pour le bureau de redevenir ce lieu totem incarnant la vision, la mission et les valeurs de l’entreprise. Un lieu où l’on fait société, au service de la société pour laquelle on travaille.

 

Une chose est sûre : le bureau se doit d’être flexible, multifonctionnel, serviciel, expérientiel. Il doit permettre l’expression du collectif (créativité, collaboration, communication, interactions) tout en permettant à chacun de trouver un espace personnalisé et sécurisé. Pour développer sa marque employeur, recruter, attirer les talents, fidéliser/fédérer les équipes, gagner en efficacité/productivité sans perdre en bien-être et qualité de vie au travail, le bureau doit « inspirer ». Après avoir goûté au télétravail, chacun doit désormais se sentir « au bureau comme chez soi » sans tomber dans le travers de sa « gadgétisation ».

 

L’avenir du bureau s’écrit à mesure que notre société et économie évoluent.

 

Article publié le 07/12/2022 sur Business Immo

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